Dans les silhouettes des bois flottés, l’imagination devine des présences : fragments d’animaux, mythes en sommeil, figures que le regard réveille

Portés par le fleuve Aude depuis les vallées sombres, les bois flottés viennent échouer sur les plages de Narbonne‑Plage et des Cabanes de Fleury. Le sel, le vent, le sable les sculptent en formes singulières.

Dans ces silhouettes nées des crues, l’imagination devine d’autres présences ; fragments d’animaux, mythes en sommeil, figures que le regard réveille. 

Sous la peau du ciel

une étreinte

griffes du vivant.

À la lumière levée

la république s’élève

résiste aux flammes.

Dans le sable nu

un torse d’écume rêve

future empreinte.

Chaleur polaire

enfance en bois figée

fonte des mémoires.

Branches des insurgées

piquent au présent

pleurs sans refuge.

Pinces de sable

tête renversée du cri

ombre de la guerre.

Sous forme primitive

le bâton du dresseur mort

oublié des âges.

Mythologie à l’abois

flammes arrachées

au ventre des sables.

Grande gueule ouverte

hurle ce monde sans actes

le ciel se moque.

Corps d’embruns dressé

la mer ronge sa mémoire

vent sans pardon.

Arc pour l’espoir nu

sable laisse passer

tronc commun.

 

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